Défendre l’écriture humaine, c’est aussi préserver la sensibilité, les failles et l’expérience de l’auteur face à la place grandissante de l’intelligence artificielle.
L’écriture humaine : « J’aime quand l’art transpire l’humain »
Par Parme Ceriset
J’aime sentir qu’il y a un être de chair derrière les mots, un esprit incarné dans un corps profondément vivant, qui aime, souffre parfois, avec ses vulnérabilités et ses failles. C’est cette dimension-là qui m’intéresse, en tant que lectrice et en tant qu’auteure.
Chacun sait que je ne suis pas favorable aux chasses aux sorcières, et je n’aime ni les effets de meute ni les propos moralisateurs. Je ne m’attarderai donc pas sur l’auteur publié dans une très grande maison d’édition, qui fait polémique en ce moment, et je ne suis pas apte à juger si cette personne, après de multiples plagiats visiblement documentés, a écrit ou non son dernier livre lui-même ou si cet ouvrage est le produit d’une intelligence artificielle. L’idée n’est pas de s’acharner sur cet homme et la présomption d’innocence doit toujours primer. J’imagine que tout logiciel a une possible marge d’erreur.
L’idée n’est pas non plus de cultiver une société du soupçon.
Je pense en revanche que cette histoire sordide a le mérite de nous faire réfléchir à ce que nous voulons pour la littérature de demain.
Pour ma part, je suis absolument persuadée qu’un auteur, en son âme et conscience, ne devrait jamais recourir à l’IA pour rédiger ni même remanier un de ses textes.
Dès que l’on délègue une tache, on perd peu à peu talent et compétences.
Victor Hugo, Baudelaire, Rimbaud, et tant d’autres, n’ont jamais eu besoin de recourir à un logiciel informatique pour leur insuffler des idées.
Si nous commençons à faire des compromis dans ce domaine, l’écriture cent pour cent humaine disparaîtra peu à peu, car beaucoup d’auteurs céderont à la solution de facilité, d’abord pour remanier leurs textes, puis, voyant les capacités des logiciels s’améliorer au fil du temps, rédiger de plus en plus avec la béquille de la machine.
Autant l’IA est très intéressante dans le domaine scientifique, et dans la recherche médicale, autant un artiste est à mon sens un artisan et non un informaticien.
Que tout ceci nous permette de réaffirmer notre passion de l’humain.




